Pourquoi je soutiens la vaccination obligatoire des soignants et le pass sanitaire

Assemblée Nationale

Nous débattions cette semaine au Parlement de l’intérêt de mettre en place un pass sanitaire et une obligation vaccinale pour les soignants. De nombreux citoyens et citoyennes nous ont écrit et il me semble important d’expliquer ma position et mon vote.

Suite aux annonces du Président de la République, ce débat dépasse largement les bancs de l’Assemblée nationale ou du Sénat, et les Français s’en sont largement emparés. La majorité d’entre eux est en accord avec les orientations prises. Certains sont en désaccord.  D’autres s’interrogent.

Ils craignent que la vaccination soit une prise de risque inconsidérée car le vaccin contre la Covid-19 serait « expérimental ». Si l’on remet ce débat dans son contexte, la Covid-19 a causé le décès de 4,1 millions de personnes dans le monde depuis un an et demi. Ce virus mortel a eu un impact considérable sur nous, nos proches, nos systèmes de santé et notre économie.

Pour faire face à ce drame, la communauté scientifique et médicale s’est mobilisée pour développer des vaccins, qui après une série de tests passés en laboratoire puis dans les agences internationales, européennes et nationales, ont été validés et distribués gratuitement dans notre pays. Au-delà du processus rigoureux d’autorisation de mise sur le marché qu’ont suivi les vaccins, rappelons que l’Arn messager n’est pas une technique nouvelle déployée à la va-vite : l’Arn fait l’objet de publications scientifiques depuis le début des années 60 et les premiers travaux autour d’un vaccin dit à « Arn messager » datent de trente ans. Si nous prenons plus de recul encore et que nous remontons au 18e siècle depuis l’invention du vaccin, nous notons qu’aucune maladie rare n’a jamais été détectée plus de huit semaines après l’injection d’un vaccin. Ces éléments factuels nous paraissent de nature à rassurer les citoyens les plus inquiets.

Il est également reproché au pass sanitaire et à la vaccination obligatoire d’être anti-démocratiques. Comment expliquer dès lors que de nombreux vaccins soient déjà obligatoires? Depuis des décennies, les enfants doivent présenter un carnet de vaccination à jour pour pouvoir être inscrits à l’école, au sport ou en colonie de vacances. De la même manière les soignants doivent déjà être vaccinés contre de nombreuses maladies telles que le tétanos ou l’hépatite B pour pouvoir travailler. La Cour Européenne des Droits de l’Homme s’est d’ailleurs prononcée sur les effets bénéfiques de la vaccination obligatoire. Ainsi, « le principe de solidarité sociale peut justifier que l’on impose la vaccination à tous […] dès lors qu’il s’agit de protéger les plus vulnérables. »

En Inde ou en Tunisie, en ce moment même, le système de santé s’effondre, l’oxygène manque et des centaines de personnes atteintes de la Covid se retrouvent en grave détresse respiratoire, laissant les soignants dans le désespoir. Alors oui, nous avons de la chance d’avoir ce vaccin, nous avons de la chance de pouvoir nous protéger et organiser collectivement la protection des plus fragiles d’entre nous. La vaccination est un devoir de solidarité collective.

Surtout, il est fréquent de restreindre la liberté au sein d’une démocratie. Ce principe est même au fondement de nos démocraties! Toutes les lois et les règles, décidées, votées dans le cadre des instances démocratiques, sont des restrictions de liberté, au profit du vivre-ensemble! Car vivre en société suppose d’établir des règles communes. Vivre en société suppose certains gestes solidaires. Chacun de nous est « obligé » de donner une partie de ses revenus à l’Etat, mais nous consentons à l’impôt pour pouvoir organiser l’éducation, les transports, la santé, la recherche, la sécurité, la défense, la justice de notre pays. Nous acceptons la règle de ne pas rouler à 200 km/h pour ne pas mettre les autres en danger. Nous acceptons de nous vacciner contre la tuberculose pour que cette maladie atroce ne revienne plus semer le malheur dans nos villes et dans nos campagnes.

Aujourd’hui nous devons surmonter une crise sanitaire majeure, qui a déjà fait des millions de morts, met l’économie en grande fragilité, met tous les jours notre bien-être psychologique à l’épreuve. Au regard de ces difficultés, disposer d’une solution sûre est une chance inestimable. Cette solution, c’est la vaccination de 90% de notre population. Elle est à portée de main. De notre point de vue, ne pas la saisir serait une faute morale, un échec du vivre ensemble. Ce serait aussi la victoire de la croyance et la négation de la vérité scientifique. Nous refusons cette perspective.

Avec les députés Dominique David et Eric Poulliat, nous avons également souhaité expliquer nos points de vue dans un article paru dans Sud-ouest le 22 juillet 2021, que vous pouvez consulter ici.


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