Le droit à l'avortement, si précieux pour l'émancipation des femmes, n'est jamais acquis !

Assemblée Nationale

Inquiète du recul du droit à l’avortement dans le monde, j'ai interpellé le Ministre des Affaires étrangères le 10 novembre lors des Questions Au Gouvernement. 

Fervente défenseure du droit des femmes à conduire librement leur vie, je veux rappeler que le combat doit être constant, car l’IVG est un droit sans cesse remis en cause. Or ce droit est absolument précieux pour la liberté des femmes, il faut s’en rendre compte ! Il est impossible de conduire sa vie librement en étant soumise à des grossesses accidentelles et non souhaitées.

Quelques semaines après avoir soutenu la proposition de loi pour améliorer l’accès à l’avortement en France et après avoir obtenu le renforcement de la prévention auprès des jeunes et notamment auprès des jeunes garçons, avec l’instauration expérimentale d’une consultation auprès de tous les adolescents de 15 à 18 ans sur la santé sexuelle, je suis revenue aux avants postes de ce combat.

Suite au coup porté au droit à l’IVG en Pologne, à la nomination aux Etats-Unis d’une juge anti-avortement à la Cour suprême et à l’appel de 32 pays, cette semaine à l’Assemblée mondiale de la santé (organe décideur de l'OMS), à s’émanciper des principes internationaux pour légiférer comme ils l’entendent sur le droit à l’avortement*, j'ai voulu alerter le Gouvernement et l'opinion. Ces signaux sont alarmants et nous incitent à prendre conscience que les droits des femmes, partout dans le monde, sont fragiles et qu'il est nécessaire de les défendre avec vigilance. La France a un rôle diplomatique central à jouer pour défendre la liberté des femmes en Europe et dans le monde.

*En effet, le 22 octobre dernier, le tribunal constitutionnel polonais rendait un arrêt menant à la délégalisation de l’interruption volontaire de grossesse dans le pays. Jusqu’à présent, environ 1 000 avortements annuels ont lieu officiellement en Pologne,  et les associations estiment à 200 000 le nombre d’avortements réalisés annuellement par les polonaises à l’étranger ou de façon clandestine dans ce pays. La nouvelle restriction sur les avortements les rend quasi impossibles, car l’avortement pour malformation du fœtus qui vient d’être interdit constituait 98% des avortements réalisés en Pologne. Plus de 100 000 polonais manifestent depuis plusieurs semaines leur colère face à la décision du Tribunal constitutionnel de réduire drastiquement les conditions d’accès à l’IVG. Le  Gouvernement polonais a pour le moment suspendu cette décision, mais personne ne sait comment cet épisode va se terminer car il  s'agit de la troisième tentative de ce parti ultra-conservateur au pouvoir de revenir sur ce droit.

Aux Etats-Unis Amy Conney Barret, connue pour ses positions anti-avortement a été nommée le 26 octobre pour remplacer la juge Ruth Bader Ginsberg, qui a dédié sa vie à la lutte pour une égalité entre les femmes et les hommes. Au final, en nommant 3 jeunes juges a la Cour Suprême américaine Donald Trump l’a faite basculer, et ce pour plusieurs décennies, du côté ultra-conservateur.


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