Assemblée Nationale

Le projet de loi pour une école de la confiance améliore notre système éducatif pour permettre la réussite et l’épanouissement de l’élève dès le début de sa vie. Ce projet de loi suscite quelques inquiétudes chez certains directeurs, enseignants et associations de parents d’élèves. Interpellée sur plusieurs points de ce projet de loi, j’ai pu noter qu’il y avait des malentendus, de fausses-idées sur les conséquences de cette réforme. C’est pourquoi je décide de revenir sur trois points principaux du texte de loi, générant de fausses interprétations, auxquelles je propose ici de répondre.

Les établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux

« les EPLESF sont un regroupement décidé sans aucun débat avec la communauté éducative » FAUX
La mise en place de ces établissements est une possibilité supplémentaire proposée aux territoires pour répondre de manière adaptée à des situations particulières, mais qui n'ont aucunement vocation à être généralisés. Ils sont laissés à la libre appréciation des acteurs concernés et ne sont nullement obligatoires. Ce sont les collectivités territoriales, en accord avec les équipes éducatives qui jugeront du meilleur mode de coopération, adapté à la réalité de terrain. Ces établissements ont pour but non pas de regrouper les écoles et les collèges mais de mieux les associer. La mise en place de ces établissements ne se fera donc que lorsqu’il y a un consensus entre les collectivités territoriales et les équipes éducatives. Cet accord nécessaire sera écrit dans les textes d’application. Ce n’est pas du ressort du législatif, c’est pourquoi ce n’est pas mentionné dans le projet de loi. Le Ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer l’a réaffirmé : cette création doit être demandé par les collectivités et le système scolaire.

« Il n’y a aucun intérêt pédagogique » FAUX
Le but est d'améliorer la qualité de l'accueil des élèves et leurs apprentissages. Cette association entre les établissements permet de mutualiser les moyens humains, administratifs, et financiers mais aussi une plus grande continuité pédagogique entre école et collège pour assurer un meilleur suivi des élèves. D’autant plus que c’est à ces âges où se joue l’acquisition des savoirs fondamentaux, indispensables pour la suite de la scolarité. L'intérêt pédagogique d'un tel établissement est d'encourager les interactions

entre 1er et 2nd degré, entre école et collège afin notamment de préparer plus en douceur le passage du CM2 à la 6e. Il y a déjà eu des expérimentations donnant lieu à des dispositifs interessants du point de vue pédagogique : intervention d’enseignants de collèges en primaire (langues vivantes, technologie...), projets pédagogiques d’envergure étendus du CM1 à la 6ème, co-intervention d’enseignants du premier et du 2nd degré...

« Les directeurs des écoles seront remplacés par un adjoint (du collège de secteur) en charge de plusieurs écoles : il n’y aura plus de travail d’accueil individualisé, de proximité, de suivi, de communication » FAUX
Nous savons que la relation directeurs /parents compte pour la réussite des élèves. C’est pour cela que le Directeur reste un acteur majeur dans cette réforme : il sera toujours l’interlocuteur au quotidien des familles et de la municipalité. Selon le nombre d’écoles associées au sein de l’EPLESF les situations diffèrent. Si il s’agit d’un regroupement de plusieurs écoles, chacun conserve son responsable de site, qui exerce ses compétences par délégation du principal ou de son adjoint. S’il y a une seule école, le directeur pourra devenir l’adjoint du principal.

« Ce regroupement va provoquer la disparition des écoles primaires dans les petites communes » FAUX
Ces établissements se regrouperont soit physiquement soit sous forme de réseau. Le projet de loi définit une logique d'association et non de regroupement forcé. Ainsi, ces EPLESF sont compatibles avec le maintien intégral de toutes les écoles existantes. Regrouper les collèges et les écoles dans des communes rurales sert justement à les renforcer en mutualisant leurs moyens.

 

Instruction obligatoire dès 3 ans

« Déjà 97 % des élèves de 3 ans sont scolarisés » VRAI
En effet, ce sont même 98,9% des enfants de 3 ans qui fréquentent la maternelle. Mais cela signifie que 26 000 enfants, notamment issus de quartiers défavorisés ne sont pas scolarisés : ce n’est pas négligeable. Les laisser dans cette situation est contraire au principe républicain de l’égalité des chances. En effet, la recherche a montré que c’est entre 3 et 6 ans que l’enfant développe des compétences indispensables à l’apprentissage des fondamentaux. C’est une mesure de justice sociale, pour que chaque enfant ait les mêmes chances de réussir, dès la maternelle.

« Le budget des écoles publiques en sera impacté » FAUX
Le surcoût pour les communes sera compensé par l’Etat. Il attribuera à chaque commune les ressources correspondant à l’augmentation des dépenses obligatoires qu’elle a consenties pour cela. Elles seront remboursées sur la base de la comparaison entre les dépenses engagées entre 2019-2020 et 2018-2019.

 

Elèves apprentis 


« Les professeurs seront remplacés par des étudiants non formés » FAUX
Le nouveau dispositif de pré-recrutement des enseignants permet aux étudiants dès leur deuxième année de licence de s‘approprier l’environnement scolaire et l’exercice du métier d’enseignant. Ce système de formation continue permet à l’étudiant-professeur de rester dans le même établissement et faire partie de l’équipe pédagogique, sous la responsabilité d’un tuteur. Il permettra aux étudiants d’exercer, auprès des professeurs, des fonctions pédagogiques et d’assistants d’éducation, mais en aucun cas de les remplacer. Ils ne donneront pas des cours à la place des professeurs ni ne les remplaceront en cas d’absence. C’est un contrat de professionnalisation. Cela signifie que l’étudiant ne passe que 8h par semaine en établissement scolaire. En L2 et L3 il s’agit d’un accompagnement aux devoirs (dans le 1er degré) ou d’observation (dans le 2n degré ) avec possibilité de co-intervenir ou de gérer des petits groupes. En 1ère année de master, il peut avoir plus de responsabilité mais reste sous tutorat de l’enseignant. Ce dispositif a plusieurs avantages, au-delà de mieux former les futurs enseignants et de sécuriser leurs trajectoires jusqu’au concours. Il permet de palier les difficultés de certains lieux à recruter et permet aux étudiants, notamment de milieux modestes, de percevoir une rémunération, en plus des bourses. Cela rend aussi la filière plus attractive.

« Les étudiants vont remplacer les assistants d’éducation » FAUX
Ces étudiants-professeurs seront en plus, et non comptabilisés sur le nombre d’assistants d’éducation existant. Juridiquement, ce dispositif s'inscrit dans le même contrat que celui des assistants d'éducation, ce qui peut prêter à confusion mais ce ne sont pas des assistants d'éducation " classiques ".

 

L’Ecole de la confiance a pour objectif d’allier réussite des élèves et justice sociale. La réussite de cette Ecole vertueuse pour nos enfants dépend de nous tous. C’est pourquoi il est important de rester vigilant et  de démentir les fausses informations qui instaurent un climat anxiogène autour de cette réforme.

Je vous invite également à vous rendre sur le site de Madame Fannette CHARVIER, rapporteure de la loi sur « l’école de la confiance », pour plus d'éléments, en cliquant ici


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